Time (Fin, L’arrêt, Time Machine)
Cité de la Bricarde (les Ateliers de L’EuroMéditerranée / Capitale européenne de la Culture, FRAC Sud, DRAC et Fraeme), Marseille, 2012 ; Galerie Valois (Ministère de la Culture), Palais Royal, Paris, 2013 ;
diffusion l’Arrêt : Palais de Tokyo, Paris (+ interview), Haus der Kulturen der Welt, Berlin et Filmoteca Española, Madrid, (Rencontres Internationales) ; FiD, Marseille ; Urban Utopias, Londres ; Eyebeam, New York
Film, édition et sculpture in-situ
Les rêves dans lequel je vole : quand j’étais petite en Tunisie j’ai beaucoup couru, et au collège je faisais des courses, des courses longues; j’étais sauvage, forte, championne. Hadi
Durant une résidence de huit mois, gethan&myles ont travaillé avec les habitants de la cité de la Bricarde (Quartiers Nord de Marseille) pour co-créer Time : une proposition artistique protéiforme qui explore la tension entre une temporalité subjective et universelle, ainsi que la (ou plutôt “les”) vraie(s) identité(s) de ce milieu méconnu. Time a poussé ses participants et son public à reconsidérer cet élément incontournable de nos vies : le temps. Il met en valeur la singularité de son contexte (construit, géographique et humain), encourageant les habitants et les visiteurs de La Bricarde à réévaluer cette communauté complexe et unique.
Etant donné la richesse de son sujet (à la fois, ‘le temps’, mais aussi, ‘les gens qui y participent’) Time s’est déroulé sur plusieurs plans. Ces trois volets ont permis une participation, et une œuvre, moins linéaire et plus riche…
Fin : sculpture / cadran solaire réglé sur l’équinoxe (“jour d’égalité”), gravée de 366 dates de naissances des habitants de la cité ; ‘Fin’ est un monument, non à encore-un-autre-‘homme-blanc-mort’ que nous n’avons pas connu, mais aux vivants, aux voisins, aux personnes que notre système semble vouloir oublier.
À la tombée de la nuit la sculpture s’illumine pour éclairer une place dans la cité qui était particulièrement sombre.
L’arrêt : court métrage qui explore l’incertitude à laquelle nous sommes toustes confronté.e.s dans ce no-man’s-land que constitue la période entre l’enfance et l’âge adulte. ‘L’arrêt’ montre cinq jeunes adultes s’élançant du haut des falaises vertigineuses des Calanques dans la mer Méditerranée en dessous. Mais le spectacle n’est pas le cadre sauvage ou le drame de la chute. Ce sont les moments avant qui sont célébrés : ce mélange de bravoure et de gêne, ce passage entre un regard dur et un sourire un peu trop décontracté, ces vagues de tension et de doute et le combat mené pour les dépasser qui unifient leurs corps en un étrange et beau langage de crainte partagé. Au-delà des réalités dures et des récits médiatiques sur les règlements de compte, la drogue et la dégradation sociale qui pèsent sur la vie - et l’avenir - de ces jeunes, ‘L’arrêt’ explore l’incertitude à laquelle nous sommes tous confrontés lorsque nous traversons ce no man’s land entre l’enfance et l’âge adulte.
Time Machine : un livre créé avec les habitants qui contient leurs “machines à remonter le temps” - les chansons, saveurs, odeurs, endroits, rêves, actions… qui figent le temps, ou qui les projettent dans le passé. Les pages sont non-massicotées - le lecteur doit déchirer la ligne de texte pour révéler les photos “cachées” à l’intérieur - et le papier est non-couché et léger pour qu’il se tâche facilement. Ainsi chaque livre ‘enregistre’ les traces et le progrès de son lecteur. Chaque ‘Time Machine’ est non seulement un témoin de cette cité et de ses habitants, mais aussi de sa propre lecture et du passage du temps.
La sculpture est toujours au cœur de la cité, alors que le livre et le film, envisagés un peu comme des portes-paroles des habitants, ont été lus et vus à travers le monde.
Mon doudou d’enfance : Mon je l’ai eu à Noël par mon père ; c’est le seul souvenir que j’ai de lui à part les photos… Je dors avec et je me réveille avec. Ma mère me dit de le jeter car je suis plus un enfant. Mais je peux pas. Inès |
Time (Fin, L’arrêt, Time Machine)
Cité de la Bricarde (les Ateliers de L’EuroMéditerranée / European Capital of Culture, FRAC Sud, DRAC and Fraeme), Marseille, 2012; Galerie Valois (Ministère de la Culture), Palais Royal, Paris, 2013; ‘l’Arrêt’ screenings: Palais de Tokyo, Paris (+ interview), Haus der Kulturen der Welt, Berlin and Filmoteca Española, Madrid, (Rencontres Internationales); FiD, Marseille; Urban Utopias, London; Eyebeam, New York
The dreams where I’m flying: when I was little in Tunisia I ran a lot, and in middle school I did races, long races; I was wild, strong, a champion. Hadi
During an eight-month residency, gethan&myles worked with inhabitants of the La Bricarde housing estate (in Marseille’s Quartiers Nord, a deprived area of the city where unemployment and crime are extremely high and over half the population live below the poverty line). Together they co-created Time : a multi-faceted art project which explores the tension between subjective and universal temporalities, as well as the true identity (or, more accurately, identities) of this often overlooked area. Time helped its participants and its audience to reconsider that inescapable element of our lives - time and its passing. It highlights the singularity of its context (architectural, geographic and human), encouraging both inhabitants and visitors to re-evaluate this complex, unique community.
Given the richness of the subject matter (both “time” and “the co-creators”) the artists chose so explore it from three different angles. These different approaches enabled a participation, and an artwork, that was less linear and more rich:
Fin: a sculpture/sundial calibrated to the autumn equinox (“The day of equals”), hand engraved with 366 birth dates of the city’s inhabitants. Fin is a monument, not to yet-another-dead-white-man-we-never-knew, but to the living, to the neighbours, to the people our system seems to want to forget. At dusk, the sculpture lights up to illuminate a square in the estate that was particularly unwelcoming at night.
l’Arrêt: an experimental documentary about suspense, indecision and the choreography of fear. Five young adults from the Bricarde housing estate, jump from the vertiginous cliffs of the Calanques National Park into the Mediterranean below. Hovever, the spectacle isn’t the scenery or the drama of their fall; it’s the ‘non-actions’ before that are celebrated: the mixture of bravery and hesitation, the shift between a cold stare and a slightly-too-relaxed smile; the waves of tension and doubt, and the struggle to overcome them, unite their bodies in a strange and beautiful language of shared fear. Looking beyond the harsh realities and the media narratives of gang-violence, drugs and social decay that overshadow these young people’s lives - and their futures - ‘L’arrêt’ explores the uncertainty we all face as we cross that no-man’s-land between child and adult.
Time Machine: a book created with the residents that contains their “time machines” - the songs, flavours, smells, places, dreams, actions… that slow or freeze time, or project them back into the past. The pages are unguillotined - the reader must tear through the line of text to reveal the “hidden” photos within - and the paper is light, uncoated stock so that it marks up easily. Thus, each book ‘records’ the traces and progress of its reader. Every ‘Time Machine’ is not only a witness of La Bricarde and its inhabitants, but also of its own reading and of the passage of time.
The sculpture remains at the heart of the city, while the book and film, conceived as a form of counter-voice for the inhabitants, have been read and seen across the world.
My childhood teddy: I got it for Christmas from my father; it’s the only memory I have of him apart from photos… I sleep with it and I wake up with it. My mother tells me to throw it away because I’m not a child anymore. But I can’t. Inès |
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