Andras HAJDU 

C’est une œuvre qui pose la question de la légitimité d’une relation entre les trois parties qui la constitue. Chaque partie consiste en un couple bande-son et objet.
Je les éloigne les uns des autres dans le lieu d’exposition. Si le spectateur n’écoute pas les trois bandes, il ne peut reconstituer la relation entre les objets montrés, donc les unités restent fragmentées. La reconstitution de ce système de mise en relation garantit le doute. Le doute pousse le spectateur à chercher à établir une relation plus crédible que celle que j’ai créée. C’est cette conséquence qui légitimise finalement l’existence de cette manœuvre.
A. H.

La vallée de la triple tranquillité I, - 1997-98
Piège à rat mort et oiseau mort, casque, bande son,
60 x 60 cm
Photographie Andras Hajdu

« Bonjour, de nouveau je suis ici. Deux-trois jours se sont écoulés - je ne sais pas- avec des milliers de choses et maintenant je suis assis juste ici dans ma chambre sur mon seau comme d’habitude, et je ne sais pas si c’est de l’exhibitionnisme de vouloir toujours parler de ça ou qu’est-ce que je veux au fond, comment les cacas se mêlent quand le chat chie là ou quand je chie ici - je ne sais pas - mais de toute façon on est une fois de plus branché sur la ligne.

Voici la vallée de la triple tranquillité, je voulais dire mais ce n’est pas du tout une vallée alors qu’est ce que ça peut être. C’est l’endroit de “la triple tranquillité” »

Texte de la bande son.
A. H.


La vallée de la triple tranquillité II, - 1997-98
Table, eau, baby-foot manipulé, casque, bande son,
120 x 110 x 80 cm
Photographie Andras Hajdu

« Donc on est ici au-dessus des toilettes du chat et maintenant je ramasse ses excréments et je les mêle avec les miens ou bien beaucoup plus simple je jette ses petites crottes dans mon seau, dans lequel bien sûr je viens de faire caca et ainsi un rituel commence, le rituel du mélange de deux espèces de crottes, performance invisible par laquelle j’essaie de contribuer à l’art. »

Texte de la bande son.
A. H.

La vallée de la triple tranquillité I 1997-98
Glacière, assiettes, vase, tasse, plexiglas opaque, lave-vitres et eau, casque, bande son, 60 x 40 x 40 cm
Photographie Andras Hajdu

« Troisième partie, l’enterrement étant prévu dans la partie précédente. cette performance invisible tombe bien comme genre artistique. Pour faire comprendre mes actes, je les mets dans ce genre et enterre ici et là.... je mets en boîte pour l’éternité mon caca et le caca de Mimi qui, je ne l’ai pas dit tout à l’heure, est entouré de sérieux graviers, sérieux parce que ce sont des graviers spéciaux qui s’achètent exprès pour les chats. J’ouvre mon seau et mes cacas sont en bas peut-être ceux de Mimi vont tomber dessous des miens .... .Non un mélange complet s’est produit et maintenant j’enfouis tout ça pour ne pas laisser cette œuvre sans sépulture, puisque aussi bien il faut que tout soit enterré, pourquoi ce serait juste mon œuvre qui devrait rester la seule exception. »

Texte de la bande son.